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Article en V.F.

Un Joe pas ordinaire

Chrissy Iley

The Observer, dimanche 14 janvier 2007

 

Quand il a déboulé sur nos écrans en tant que barde dans Shakespeare In Love, Joseph Fiennes semblait prêt à devenir une icône d’Hollywood. Mais après cela, il a tourné le dos à un contrat de cinq films pour se consacrer à la scène. Maintenant, alors qu’il fait son retour à l’écran dans une forme terrifiante, en tant que schizophrène, auteur de sévices sur un enfant dans Courir avec des Ciseaux, il parle à Chrissy Iley d’amour, de sa famille créative et de son combat de 10 ans contre son syndrome de « meneur ».

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J’ai rencontré Joseph Fiennes pour la première fois à bord d’un avion à destination de L.A. J’étais le dernier à bord ; creuvant de chaud, énervé, avec trop de bagages. Alors que tous les autres m’observaient d’un mauvais œil à cause du retard que j’avais causé, lui était un gentleman, soulevant mon bagage à main et le mettant dans les compartiments surélevés avec un sourire. Je l’ai trouvé charmant et bourré du charisme de la star de cinéma. Durant toute la durée du vol, il est resté assis, une allée plus loin, à lire un script. Cela s’est passé juste après Shakespeare In Love, ce qui fait maintenant huit ans.

Fiennes est un tas de contradictions. Il pourrait exiger un salaire digne d’une énorme star d’Hollywood, mais il préfère de loin faire un film à petit budget avec des réalisateurs intéressants. Rancid Aluminium et Killing Me Softly étaient des risques qui n’ont pas semblé le heurter bien qu’ils furent critiqués et des désastres au niveau du box-office.  Il s’en tire en disant qu’il a tiré plaisir dans le développement et que tout est dans le développement, pas le résultat final.

Il a un célèbre héritage : son cousin est l’explorateur Sir Ranulph, son au huitième degré est Prince Charles, son grand frère est l’acteur Ralph. Beaucoup de gens assument qu’il est une version plus légère de Ralph, peut-être moins ridé, moins intense. Mais il n’y a rien de « plus léger » chez Joseph. Son charisme est énorme. Il est à la fois plus intense et plus drôle. Ses performances relèvent d’une intelligence nerveuse et une empathie charmante. Hollywood peut bien le juger comme l’homme qui a raté son instant de gloire après Shakespeare In Love, mais Fiennes pense qu’il a réalisé un voyage plus intéressant.

Je viens juste de la voir en tant que Neil Bookman dans Couper avec des Ciseaux, l’adaptation filmée des mémoires d’enfances écrites par Augusten Burrough, placées dans les années 70. Dans le film, la mère de Burrough, Deirdre (jouée par Annette Bening, déjà nominée aux Golden Globes pour son rôle) envoie son fils vivre avec son psychiatre fou, Dr Finch (Brian Cox), afin de pouvoir obséder sur son épouvantable poésie. L’étrange famille Finch vit dans une maison sale et décatie, où le sapin de Noël est sortie toute l’année. La fille favorite de Finch est Hope, jouée par Gwyneth Paltrow, qui pense pouvoir parler le langage des chats et comprendre les réponses de son chat. Neil Bookman est un autre parasite adopté par Finch. Bien que cela semble implacablement sombre, le don de Burrough en tant qu’auteur est qu’il trouve de l’humour noir dans sa situation. Vous serez surpris de voir combien ce film est drôle.

Je rencontre Fiennes dans la salle de jeux du club Electric House, sur la Portobello Road dans le Londres Est. Fiennes semble prêt à se bagarrer : ikl porte une veste en tweed défoncée et une «écharpe usée qui semble démêlée exprès, avec un pull tout vert, un jean large et des tennis qui n’ont rien de fashion. Ses yeux noisette peuvent percer des trous dans votre tête quand il vous fixe du regard. Mais il n’arrête pas de regarder autre part, comme s’il était intrigué par quelque chose d’autre dans la pièce, à part qu’il n’y a rien, il n’y a personne d’autre dans la pièce.

Son apparence pour Bookman est choquante. Moustache en crics, bottes en cuir, le modèle même du gay disco des années 70. Il le joue avec un charme fragile et une peur maniaque terrifiante. Quand il court avec ces ciseaux – mortellement en direction de Finch, son père adoptif – vous avez l’impression que ce n’est pas tellement le docteur qu’il veut tuer, mais l’idée de sa propre image idolée. « Il y a une certaine vérité à cela, dit-il, excité. Brian Cox m’a gentiment pris à part et m’a dit « Tu es un acteur à personnages, bloqué dans le corps s’un meneur. » Et c’est ce que je ressentais. Cela m’a pris un certain temps pour m’éloigner de cela. Je l’ai fait avec mon travail dans le théâtre, qui vous donne une sorte de libération au sein de cet art. »

Voici le truc sans-dessus dessous avec Fiennes : alors que la plupart des acteurs veulent arriver à ce statut de meneur, lui veut être un acteur « à personnages ». Son besoin de liberté est son mantra récurrent. La liberté, c’est n’être jamais accroché. Il est obsessif sur ce point. « C’est limitant quand vous vous sentez catalogué. Il m’a fallu une décennie à barboter autour de ce catalogage pour trouver ce rôle [Bookman], et j’ai l’impression que c’est l’une des plus grandes opportunités. C’est là que je suis heureux. »

Cela semble une éternité qu’il a montré pour la première fois son charisme et combien il semblait fait pour porter des collants. C’est en 1998 qu’il jouait à la fois l’auteur bloqué Will dans Shakespeare In Love et Robert Dudley dans Elizabeth. Tous les endroits brillants où ces performances auraient pu l’amener, il ne voulait pas y aller. Les Weinsteins lui ont offert un contrat de cinq films ave Miramax à l’époque de Shakespeare In Love, mais il l’a rejeté. « Le film était une expérience monumentale. Une fois dans une vie. » Il me lance un sourire qui dit que ce n’était peut-être que l’unique chance parce qu’il voulait qu’elle soit unique. « C’était un script vraiment magnifique, et cela m’a ouvert tant de portes. » Des ports que tu voulais refermer. « Oui. J’étais très prudent. Je voulais rester dans le théâtre, où je me sentais créatif. C’était sympa de la part de Harvey de m’offrir un contrat de cinq films. C’était une offre charmante. Mais je suppose que j’adore ma liberté et je sentais que sous contrat, on se sent obligé de réussir, et je pensais ne pas pouvoir atteindre tout le temps le niveau de Shakespeare.

Est-ce que la liberté est aussi importante pour toi en dehors des choix artistiques ? « Oui. Cela transcende tout. » Quand on lui demande si il pensait que le mariage était aussi limitant qu’un contrat de cinq films, il a répondu, « Plus comme un contrat de 50 films. » Mais il a ensuite modéré sa réponse en disant qu’il aimerait se marier quand le moment sera le bon. Il est notoirement irritable sur sa vie privé et a souvent avoué qu’il n’aime pas parler de politique ou de sa vie privé. Il n’utilise pas les interviews comme des opportunités thérapeutiques.

Il a une sorte de confiance assez bizarre, encore plus bizarre parce que cela ne le rend pas plus froid ou déplaisant. Il y a une douceur émanant de lui. Il peut aussi être très coquin. « Avez-vous entendu parler de ce que j’ai fait au magnétophone de cette journaliste pendant qu’elle était aux toilettes ? » demande-t-il avec un sourire radieux. Il a effacé tout l’enregistrement, c’est ce qu’il a fait. Il est visiblement fier de son exploit. Elle a réussi à lui faire dire plus que ce qu’il voulait, alors il a effacé le témoignage. Je lui rappelle une autre journaliste qui a dit être rentrée chez elle les joues en feu et embarrassée, se sentant coupable de son travail. « Etais-je horrible ? », demande-t-il, dressant l’oreille. Je lui dit qu’elle lui avait demandé s’il avait une petite amie et il n’avait pas apprécié cela. « C’est intéressant, dit-il. J’adore lire les profils des gens, mais je m’intéresse à leur avancement. Je ne le fait que pour les journaux que j’aime. Je lis The Observer, mais je ne veux rien lire sur les relations amoureuses des gens, donc je ne veux pas en parler moi-même. »

Bon, dis-je, vous sortez avec quelqu’un en ce moment ? Perplexe, il dit, « Je viens juste de l’expliquer. Je ne vais pas en parler. »

Je ne veux pas faire une liste de toutes les ex petites amies et les petites amies des rumeurs, alors pourquoi ne te confierais-tu pas à moi ? Il répond avec un vilain sourire. Alors voilà la liste des ex petites amies. A l’école de théâtre, il était avec l’actrice Sara Griffith. Puis il y a eu Catherine McCormack et une courte histoire avec Naomi Campbell. Il a rencontré la maquilleuse Fiona Jolly lors d’une séance photo pour Marie Claire. Elle l’a ramené chez lui et quelques mois plus tard a failli emménager avec lui : ils ont acheté une maison ensemble, mais n’ont jamais vécu dedans. Il y a eu une actrice australienne, Natalie Mendoza, et plus récemment une finaliste de Miss Suisse, Maria Dolores Dieguez. S’il était marié à l’une d’elle, je suis sûr qu’il ne me le dirait pas.

Je dis essayons encore : tombes-tu facilement amoureux ? « Je suis amoureux des voyages. Je suis amoureux des cultures. » Je demande, voyages-tu vers les âmes des autres gens facilement ? Il répond, sans rire : « Vous devez le leur demander. Je suis amoureux de la vie. Je suis fasciné par le comportement humain parce que cela nourrit mon travail. Même avec Neil Bookman, il fallait que je trouve un niveau de compréhension, un niveau d’amour. Est-ce que je tombe amoureux ? Je tombe amoureux des contradictions sans comprendre. Je ne peux pas vraiment les incarner tant que je ne les comprends pas. Donc de façon indirecte je dois tomber amoureux, c’est mon devoir. Si l’amour c’est la compréhension, et la compréhension c’est la compassion, et la compassion c’est l’amour, je dois avoir de la compassion pour le monde. Ce que j’adore dans mon travail c’est que je suis obligé de voir au travers des yeux de mes personnages. »

Donc il devait trouver de l’amour pour le pédophile schizophrène afin de l’incarner. Peut-être que c’est pour cela que tu ne détestes pas Bookman automatiquement. « J’étais un peu nerveux qu’il vienne à la première ou qu’il apparaisse sur le plateau [Bookman a disparu de la vie de Burrough quand il était encore adolescent, et ne l’a jamais recontacté], mais je pense fortement qu’il a du mourir, de culpabilité, du sida… Tu veux que le public me comprenne, mais le public pensera ce qu’il veut. »

Dans le livre de Burrough, il semblait révoltant qu’un homme de 45 ans ait une relation sexuelle avec un garçon de 14 ans, une relation née d’une telle rencontre brutale. Burrough décrit comment après, sa bouche semblait enflée, comme s’il avait fourré son nez au milieu de guêpes. L’Augusten du film semble avoir plus de 14 ans ; ce qui joue dans la faveur de Fiennes : cela rend la relation un peu moins choquante. « Je ne voulais pas être une caricature. Je ne voulais pas aliéner les gens. Si le public peut commencer à comprendre sa tournure d’esprit… c’était le territoire que je voulais tâter. »

Burough lui-même est venu sur le plateau pour observer et nous guider sur le chemin de sa vie telle qu’elle se dévoilait devant lui. « Il lui a fallu du temps pour me regarder dans les yeux, » raconte Fiennes. son regard se prend en milieu de phrase, puis il revient pour me regarder, bien que ses bras soient croisés, un cliché de blocage émotionnel. « Je pense qu’il sentait que cela le ramènerait à un endroit où il ne voulait pas aller. Mais ce qui m’a donné le plus d’informations, c’est ce qu’il maintenait , que – que vous l’aimiez, que vous le détestiez, que vous le compreniez – cette relation était son premier amour. Et tout ceux qui se souviennent de leur premier amour – aussi désastreux fut-il – c’est leur premier amour, donc c’était le truc qu’il fallait que je débloque. »

Fiennes n’aime pas son rôle de célébrité et est enchanté quand il n’est pas reconnu. La brillante moustache en crocs qu’il a laissé pousser pour Bookman l’a certainement aidé. « J’étais très fier de cela. J’ai passé un mois à me préparer. Je me souviens être allé à une rencontre au Château Marmont et il y avait [le réalisateur de Shakespeare In Love] John Madden. Je suis allé le voir et il était poli, mails il avait hâte de pouvoir s’éloigner car il ne savait pas qui j’étais. Donc j’étais sur la bonne voie. Bookman est un personnage tellement sombre et triste, mais de tous les films sur lesquels j’ai travaillé, c’est sur celui-ci que j’ai passé les meilleurs moments. »

As-tu eu un amour de jeunesse désastreux ? « Non, en réalité. » Je ne suis pas sûr de le croire. Il comprend trop bien l’évolution d’un amour fou pour ne pas avoir eu un prototype dans sa vie. « La famille de Finch tient de l’aliéné pour moi, tout comme l’éducation d’Augusten. »

J’avais toujours imaginé l’éducation de Fiennes baignée dans une sorte de folie parallèle. Le personnage de Paltrow dans Courir avec des Ciseaux a une fascination morbide pour son chat mort, le jumeau de Joseph, Jake, avait une fascination pour la taxidermie. Quand ils avaient 9 ou 10 ans, leur frigidaire était rempli de renards, d’hermines et de fouines, bien que Joseph lui-même n’ait pas vraiment eu cette passion pour l’empaillage d’animaux. Jake fut le seul de la fratrie de sept à ne pas finir dans le monde des arts. Leur mère, Jini Lash, une romancière et peintre, est décédée à la suite d’un cancer du sein en 1993, quand Joseph était âgé de 23 ans. Son père, Mark, s’est rendu à Eton, mais a du partir à cause d’un problème de santé (il souffrait d’une insuffisance rénale). Après avoir déménagé en Nouvelle Zélande et en Australie (pour un climat plus sain), il est revenu en Angleterre et est devenu fermier, mais s’est mis à la photographie à 40 ans. Il est décédé en décembre 2004, mais son travail est maintenant exposé dans les musées les plus renommés du monde.

La famille avait l’habitude de rénover leurs maisons puis déménager. Le budget était serré et les déménagements incessants ont forcé Joseph à changer d’école 14 fois. Les amis de leurs parents étaient acteurs, musiciens, sculpteurs. J’imagine que c’était une enfance dans laquelle il pouvait réécrire les règles. « Non, c’était une enfance extrêmement disciplinée et axée. De grandes influences artistiques, une grande énergie. Mais il y avait une discipline intense. Ce n’était pas comme chez les Waltons. L’idée que j’ai eu une enfance bohémienne est ridicule. Je n’appellerais pas élever sept enfants bohémien, je l’appellerais étonnamment difficile. »

Quand je suggère qu’il y a du y avoir un catalyseur pour faire qu’une partie de la famille désire être observateurs et les autres interprètes – Martha, sa sœur, est réalisatrice, Mark, son père, est photographe, Magnus, son frère, est compositeur, et Ralph, l’ainé, et Sophie sont tous les deux acteurs – il ne veut pas analyser. « Je dirais juste que tout le monde a évolué. »

Une partie de l’évolution de Fiennes fut de se réinventer à chaque fois qu’il intégrait une nouvelle école. « Si les gens n’allaient qu’à deux écoles, ils étaient catalogués pour toute leur vie. Votre identité vient des autres, pas de vous. » Son identité semble constamment changer. « J’adore la contradiction, » sourit-il. Plus que tout, il adore se contredire lui-même, de placer un écran de brouillard derrière lequel il peut jouer.

Il a déjà dit qu’il était irrité par les journalistes qui sont fascinés par le fait qu’il ait un jumeau. Il l’a rejeté avec ce commentaire « Nous avons partagé un espace dans l’utérus et rien d’autre. » Une fois, néanmoins, sa mère a emmené les jumeaux chez un psychologue pour enfants parce  qu’ils n’arrêtaient pas de se battre. Un psychologue a dit que Jake était talentueux et que Joseph le ralentissait, et qu’ils devraient onc être séparés afin que Jake puisse exploiter son potentiel. Puis sa mère est allée demander un deuxième avis et le deuxième gars a dit que c’était Joe qui était incroyablement talentueux et que Jake était préjudiciable à son développement. Donc de cette façon, ils étaient tout à fait interchangeables.

Il semble très fier de son jumeau. « C’est un conservateur brillant. Il a fait un travail formidable avec les espèces en voie de disparition. Son but dans la vie, c’est de récupérer la terre et restaurer l’habitat naturel. Afin que les espèces telles que la perdrix anglaise qui est en voie de disparition, puissent être préservées. Il a gagné une récompense équivalente à un Oscar pour la conservation. »

Es-tu une personne à chat ou à chien ?

« A  Chien. J’ai été élevé avec des chiens. J’adore leur chaleur, leur loyauté. Je reviens tout juste de Moscou, où je réalisais mon premier court-métrage. Cela s’appelle « The Spirit ». C’est essentiellement sur un homme au milieu d’une tempête qui perd sa femme et son enfant. Il vit dans une maison abandonnée au milieu de la forêt, entourée de chiens sauvages et il maintient que son enfant est vivant. Je suis fasciné par les enfants sauvages qui vivent avec des chiens. »

Il s’illumine quand il parle du projet. Est-ce que cela signifie que tu as trouvé ce que tu cherchais, tu veux réaliser ? « Je pense que c’est une progression naturelle pour beaucoup d’acteurs. Les meilleurs réalisateurs avec lesquels j’ai travaillé sont ceux qui sont proches des acteurs, et c’était un merveilleux mois passé à préparer le film et à le caster. En Russie, il y a tellement d’acteurs géniaux. C’était magique d’être assis au milieu du théâtre Stanislavsky, où il a joué pour la première fois The Cherry Orchard.

Fiennes maintient toujours que commencer en tant que technicien de théâtre – son premier travail – était une excellente base. Tu vois la mécanique du théâtre, tu vois comment cela fonctionne. Et c’est ça qui compte : le travail. Pas le glamour, pas la célébrité. Ensuite, il fera un film à Dublin intitulé The Escapist. « C’est un film à très petit projet, sur une évasion de prison. » Il semble prendre un extrême plaisir à dire les mots « très petit budget ». Je suis prêt à tout pour supporter les jeunes talents britanniques. Ainsi, j’ai le sentiment que c’et intéressant, drôle et c’est aussi différent pour moi. » Il adore le mot « différent ». Il a dit, une fois, que si son agent lui déconseillait un rôle, disant qu’il allait heurter sa carrière, il le voulait immédiatement. « Il y a une part de moi qui, si elle est poussée dans un sens, peut me faire rebondir dans l’autre sens ;

Parle-t-on d’être forcé dans un rôle ou d’être forcé dans une décision ? Il me démange de dire les mots « Parle-t-on de relations ? » Mais avant que j’en ai la chance, il dit « Je pense dans l’abstrait. »

Evidemment.

Courir avec des ciseaux sortira le 2 février.

Source

[Traduit par Elixir88]

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Ecrit par Elixir88 

Article en V.O.

No ordinary Joe


Chrissy Iley
The Observer, Sunday 14 January 2007

 

When he strutted on to our screens as the bard in Shakespeare in Love, Joseph Fiennes looked set to become a Hollywood icon. But then he turned his back on a lucrative five-film contract to concentrate on the stage. Now, as he returns to the screen in terrifying form as a schizophrenic child abuser in Running With Scissors, he talks to Chrissy Iley about love, his creative family and his 10-year battle to beat 'leading man' syndrome

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I first met Joseph Fiennes on a plane bound for LA. I was the last one on; hot, flustered, too many bags. While everyone else stared at me as the cause of their delay, he was a gentleman, scooping up my hand luggage and putting it in the overheads with a smile. I thought he was handsome and had full-on movie-star charisma. For the duration of the flight he sat an aisle away from me and read a script. It was just after Shakespeare in Love, which is now eight years ago.

Fiennes is a mass of contradictions. He could command a Hollywood heart-throb salary, but he'd rather do low-budget films with interesting directors. Rancid Aluminium and Killing Me Softly were risks that didn't seem to hurt him even though they were critical and box-office disasters - he gets away with it by saying he enjoyed the process and that it's all about the process, 'not the end result'.

He has a famous heritage: his cousin is the explorer Sir Ranulph, his eighth cousin Prince Charles, his older brother actor Ralph. Many people assume he is Ralph lite, maybe less furrowed, less intense. But there's nothing lesser about Joseph. His charisma is enormous. He's both more intense and more fun. His performances have an edgy intelligence and a lovely empathy. Hollywood might judge him as a man who missed his moment after Shakespeare in Love, but Fiennes feels he has made a more interesting journey.

I have just seen him as Neil Bookman in Running With Scissors, the film adaptation of Augusten Burroughs's Seventies-set childhood memoirs. In the film, Burroughs's mother Deirdre (played by Annette Bening, already Golden Globe-nominated for her role) sends her son to live with her crazy shrink, Dr Finch (Brian Cox), so she can obsess over her appalling poetry. The strange Finch family lives in a filthy, falling-down house where the Christmas tree is up all year. Finch's favourite daughter is Hope, played by Gwyneth Paltrow, who believes she can speak cat and hears her cat replying. Neil Bookman is another of the Finches' adopted strays. He's also a schizophrenic who forces himself upon the 13-year-old Augusten. Although it sounds relentlessly bleak, Burroughs's gift as a writer is that he found black humour in his situation. You'd be surprised how funny the film is.

I meet Fiennes in the playroom of the Electric House club, on west London's Portobello Road. Fiennes seems ready to spar: he's wearing a bashed-up tweedy jacket and a raggedy scarf which looks purposely unravelled, with an inside-out green sweater, big jeans and non-fashion trainers. His hazel eyes can bore holes into your head when he stares at you. But he keeps looking away, as if he's intrigued by something else that's going on in the room; except nothing is, there's no one else in it.

His look for Bookman is a shock. Handlebar moustache, leather boots, the epitome of Seventies gay disco. He plays him with fragile charm and terrifying manic angst. When he runs with those scissors - murderously towards Finch, his adoptive father - you get the impression it's not so much the doctor he wants to kill, but the idea of his own heart-throb image. 'There's some truth in that,' he says excitedly. 'Brian Cox sweetly took me aside and said, "You're a character actor locked in a leading man's body." And that's what I felt like. It's taken me a while to get away from that. I've done it with theatre work, which gives you a kind of liberation within your craft.'

Here is the topsy-turvy thing about Fiennes: whereas most actors want to arrive at leading-man status, he wants to be a character actor. The need for freedom is his recurring mantra. Freedom, to him, means never being pinned down. He's obsessive about it. 'It's restricting when you feel pigeonholed. It's taken me about a decade of dabbling outside that hole to find this part [Bookman], and I feel it's one of the greatest opportunities. This is where I'm happy.'

It seems a long way from when he first showed his broody charisma and how good he looked in tights. It was in 1998 that he played both the writer's-blocked Will in Shakespeare in Love and Robert Dudley in Elizabeth. All the glossy places those performances could have taken him to he didn't want to go. The Weinsteins offered him a five-film contract with Miramax at the time of Shakespeare in Love, but he turned it down. 'The film was a monumental experience. Once in a lifetime.' He shoots me one of those curled-lip smiles that says maybe it was once because he only wanted it to be once. 'It was a beautiful, beautiful script and it opened so many doors.'

Doors that you wanted to shut again. 'Yes. I've been very cautious. I wanted to remain in theatre, where I feel creative. It was sweet of Harvey to offer me a five-film contract. It was a lovely offer. But I guess I love my freedom and I felt that under contract you feel bound to succeed, and I felt that I couldn't achieve the level of Shakespeare all the time.'

Does freedom mean as much to you outside of artistic choices? 'Yes. It transcends everything.' When he was once asked whether he felt marriage was as restricting as a five-picture deal, he said, 'More like a 50-picture deal.' But then he tempered it by saying he'd like to get married 'when the time's right'. He is notoriously prickly about his privacy and has often reeled off pat that he doesn't talk about politics or personal life. He doesn't use the interview as a therapy opportunity.

He has a weird kind of confidence, weirder still because it doesn't make him seem cold or unpleasant. There's a sweetness about him. He can also be 'very naughty. Did you hear about what I did to that journalist's tape recorder when she went to the toilet?' He beams. He wiped her tape clean, that's what he did. He's obviously very proud of this feat. She got him to reveal more than he wanted to, so he wiped the evidence. I remind him about another journalist who said she went home hot-cheeked and embarrassed, feeling guilty about her job. 'Was I awful?' he says, perking up. I tell him she asked if he had a girlfriend and he didn't like that. 'That's interesting,' he says. 'I love to read profiles about people, but I'm interested in their processes. I only ever do them for newspapers that I love. I read The Observer, but I don't want to read about who people are dating, so I don't want to talk about it myself.'

Well, I say, are you dating somebody at the moment? Baffled, he says, 'I just explained that. I'm not going to talk about it.'

I don't want to just make a list of all the ex-girlfriends and rumoured girlfriends, so why don't you just tell me? He responds with a naughty smile. So, here comes the list of ex-girlfriends. When he was at drama school he was with actress Sara Griffiths. Then there was Catherine McCormack and a story of a tryst with Naomi Campbell. He met make-up artist Fiona Jolly on a Marie Claire shoot. She gave him a lift home and months later almost moved in with him: they bought a house together, but never lived in it. There was an Australian actress, Natalie Mendoza, and more recently a Miss Switzerland finalist, Maria Dolores Dieguez. If he was married to any of them, I'm sure he wouldn't tell me.

I say, let's try again: do you fall in love easily? 'I love travelling. I love cultures.' I ask, do you travel to other people's souls easily? He says, not laughing: 'You'll have to ask them. I love life. I'm fascinated by human behaviour because that feeds back into my work. Even with Neil Bookman, I had to find a level of understanding, a level of love. Do I fall in love? I fall in love with contradictions without understanding. I can't really portray them unless I do. So in a roundabout way I have to fall in love, it's my duty. If love is about understanding and understanding is compassion and compassion is love, I have to have compassion towards the world. What I love about my work is that I'm forced to look through my character's eyes.'

So he had to find love for the schizophrenic paedophile to be able to play him. Perhaps that's why you don't automatically hate Bookman. 'I was a bit nervous that he would come to the premiere or just turn up on set [Bookman vanished from Burroughs's life when he was still in his teens, and never contacted him again], but my instinct is that he must have died, through guilt, through Aids... You want an audience to understand him, but it's up to the audience what they think.'

In Burroughs's book it seemed appalling that a 45-year-old should have a sexual relationship with a 14-year-old, one that started from such a brutal encounter. Burroughs described how, afterwards, his mouth felt swollen, like 'I'd been nuzzling wasps'. Movie Augusten looks older than 14, which works in Fiennes's favour: it makes the relationship seem slightly less shocking. 'I didn't want to be a caricature, a cutout. I didn't want to alienate people. If the audience can begin to understand his mindset... that was the territory I wanted to negotiate.'

Burroughs himself came on set to observe and guide a pathway through his life as it was unfolding before him. 'It took a while for him to look me in the eye,' Fiennes says. His eyes wander into the mid-distance, then he comes back to look at me, although his arms are folded, a cliche of an emotional blockade. 'I think he felt that it would put him back into a place that he didn't want to go. But what gave me the most insight was that he maintains - love it, hate it, understand it - that this relationship was first love for him. And anyone who remembers their first love - however fucked up it is - it's their first love, so that was the thing for me to unlock.'

Fiennes dislikes the role of celebrity and is delighted when he is not recognised. The lustrous handlebar moustache he grew for Bookman certainly helped. 'I was very proud of that. I spent a month preparing. I remember going to a meeting at the Chateau Marmont and there was [Shakespeare in Love director] John Madden. I went up to him and he was polite, but he couldn't wait to get away because he didn't know who I was. So I knew I was on to a good thing. Bookman's such a dark, sad character, but I had the most amazing time on any film that I've ever had.'

Did you have a fucked-up teenage love? 'No, I didn't, actually.' I'm not sure I believe him. He understands the process of mad love too much for there not to have been a prototype in his life. 'Finch's household is very alien to me, as is Augusten's upbringing.'

I'd always imagined the Fiennes upbringing must have had some kind of a parallel craziness. Paltrow's character in Running With Scissors has a morbid fascination with her dead cat; Joseph's twin, Jake, had a fascination with taxidermy. When they were about nine or 10 their fridge would be full of foxes, stoats and weasels, although Joseph himself was never especially into stuffing animals. Jake was the only one of the seven siblings not to end up in the arts. Their mother, Jini Lash, a novelist and painter, died of breast cancer in 1993 when Joseph was 23. His father Mark went to Eton, but left due to ill health (he suffered from kidney disease). After moving to New Zealand and Australia (for a healthier climate) he returned to the UK and became a tenant farmer, but took up photography at 40. He died in December 2004, but his work now hangs in the world's most renowned museums.

The family used to do up houses and move on. Money was tight and the constant moving meant Joseph changed school 14 times. Their parents' friends were actors, musicians, sculptors. I imagine it was a childhood in which he could rewrite the rules. 'No, it was an extremely disciplined, focused childhood. Great artistic influences, great energy. But there was a furious discipline. It wasn't like the Waltons. The idea that I had a bohemian childhood is laughable. I wouldn't call bringing up seven children bohemian, I'd call it amazingly difficult.'

When I suggest that there must have been a catalyst that made some of the family want to be observers and others performers - sister Martha is a director, father Mark was a photographer, brother Magnus is a composer, and Ralph, the eldest, and Sophie are both actors - he doesn't want to analyse. 'I would say that everyone just evolved.'

Part of Joseph's evolution was reinventing himself every time he went to a new school. 'If people had only been to two schools, their whole life they get labelled. Your identity comes from other people, not yourself.' His identity seems to be constantly shifting. 'I love contradiction,' he smiles. Most of all he loves to contradict himself, to throw up a mist that he can play behind.

He's said before that he's irritated by journalists who are fascinated that he's a twin. He's dismissed it as: 'We shared a place in the womb and nothing else.' Once, though, his mother took the twins to a child psychologist because they were beating each other up. One psychologist said that Jacob was talented and that Joseph was pulling him back, so they should be separated in order for Jake to fulfil his potential. Then his mother went for a second opinion and the second guy said that it was Joe who was incredibly talented and that Jake was detrimental to his growth. So in that way they were quite interchangeable.

He seems very proud of his twin. 'He's a brilliant conservationist. He's done astounding work with endangered species. He's all about reclaiming the land and bringing back the natural habitat. So species like the English partridge, which is becoming extinct, can be preserved. He's won an award equivalent to an Oscar for conservation.'

Are you a dog or cat person?

'I'm a dog. I was brought up with dogs. I love their warmth, their loyalty. I just got back from Moscow, directing my first short film. It's called The Spirit. It's essentially about a man in the middle of a storm who loses his wife and his child. He lives in a derelict house in the forest surrounded by wild dogs and he maintains that his child is alive. I'm fascinated by feral children who live with dogs.'

He lights up when he talks about the project. Does that mean you've found what you are looking for, you want to direct? 'I think it's a natural progression for a lot of actors. The best directors I've worked with are ones who have shorthand with actors, and it was a wonderful month preparing the film and casting it. In Russia, there are so many amazing actors. It was riveting to sit in Stanislavsky's theatre, where he first performed The Cherry Orchard.'

Fiennes always maintains starting off as a theatre dresser - his first job - was an excellent grounding. You see the mechanics of theatre, you see how it works. And that's what it's about: work. Not glamour, not celebritude. Next, he's doing a film in Dublin called The Escapist. 'It's a very low-budget movie about a prison break.' He seems to delight in saying the words 'very low budget'. 'I'm all for supporting young British talent. Also, I just have a sense that this is interesting, fun, and it's also different for me.' He loves the word 'different'. He once said that if his agent counselled against a role, saying it was career damaging, he'd instantly want it. 'There is a bit of me if I'm pushed in one way I might bounce back and go the opposite.'

Are we talking about being forced into a role or being forced into a decision? I'm itching to say the words 'are we talking about a relationship?'. But before I get the chance, he says, 'I'm thinking in the abstract.'

Of course he is.

Running With Scissors is released on 2 February

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Ecrit par Elixir88 
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